{"id":11,"date":"2012-01-24T09:55:18","date_gmt":"2012-01-24T09:55:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cherasse.com\/?p=11"},"modified":"2025-10-13T10:13:15","modified_gmt":"2025-10-13T08:13:15","slug":"cadet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/2012\/01\/24\/cadet\/","title":{"rendered":"Cadet"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><strong style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\">Cadet.<\/span><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><strong style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><strong style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><strong style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><\/strong>A la fin de la guerre et pendant toute mon enfance, le village de Thionne comptait environ 700 habitants. Dans ce petit bourg agricole de l\u2019Allier, l\u2019essentiel de la population \u00e9tait compos\u00e9e d\u2019agriculteurs dans des fermes isol\u00e9es, d\u2019ouvriers agricoles, de quelques commer\u00e7ants et artisans au bourg, des ch\u00e2telains dans les deux ch\u00e2teaux des Fougis et des Gouttes et qui s&rsquo;appelaient tous les deux Clayeux, l\u2019oncle et le neveu.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Bien s\u00fbr, enfants de commer\u00e7ants, habitant le bourg, \u00e0 la boulangerie, nous connaissions \u00e0 peu pr\u00e8s tous les habitants. Mais il y avait des figures plus marquantes, des personnages d\u2019autrefois qui ont laiss\u00e9 des traces dans ma jeune m\u00e9moire.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoBodyText\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Le premier dont je voudrais parler, nous l\u2019appelions Cadet. Oh\u00a0! ce n\u2019\u00e9tait pas le Cadet Roussel de la chanson enfantine. Ni un cadet de Gascogne, ni un cadet de bonne famille. Il s\u2019appelait en r\u00e9alit\u00e9 Leduc, je crois, Gustave Leduc mais nous ne le connaissions que par son surnom Cadet. D\u2019o\u00f9 venait ce nom, nous ne l\u2019avons jamais su.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Les enfants sont observateurs, mais cruels comme le montre le souvenir du Cadet de Thionne.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Cadet habitait les Brunets, un hameau s\u2019allongeant le long de la route qui va du bourg de Thionne au carrefour de la Pierre qui Danse, \u00e0 2 km du bourg environ, au milieu des bois de Jaligny. Il vivait avec sa famille, sa femme, ses enfants, dans une petite locaterie, une maison lou\u00e9e avec 2 ou 3 hectares de terre. Ce qui ne permet pas de vivre, seulement de survivre. Quelques cultures diverses, la volaille, le cochon, le jardin, les fruits du verger. Cadet, comme la plupart des locatiers avait une activit\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur pour faire de l\u2019argent frais afin d\u2019acheter tout ce qui ne pouvait pas \u00eatre produit. Il avait un cheval et une vieille carriole ou plut\u00f4t une sorte de tombereau \u00e0 deux roues avec un plateau et deux ridelles sur le c\u00f4t\u00e9, ouvert \u00e0 l\u2019avant et \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Comme tous les autres chars, tombereaux, carrioles et charrues du village, il avait d\u00fb il y a tr\u00e8s longtemps \u00eatre peint en bleu par Louis Bernard dit Tata le charron du village. Mais de la couleur, il en restait bien peu.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Cadet se louait donc \u00e0 la journ\u00e9e ou \u00e0 la t\u00e2che, je ne sais, et d\u00e9bardait le bois de chauffage dans les for\u00eats de la r\u00e9gion. Thionne et les communes voisines poss\u00e8dent la moiti\u00e9 de leur superficie en bois et, \u00e0 cette \u00e9poque, \u00e0 la fin de la guerre, tout le monde sans exception se chauffait au bois. Cadet donc, avec son cheval et son tombereau transportait des st\u00e8res de bois, du lieu de l\u2019abattage soit sur le bord de la route pour le chargement des camions, rares en ce temps l\u00e0, soit directement chez les personnes qui avaient achet\u00e9 ce bois. Il passait donc sa journ\u00e9e en for\u00eat avec son cheval, quelquefois avec son fils qui venait l\u2019aider le jeudi, jour de cong\u00e9, le plus souvent seul. Charger 2 ou 3 st\u00e8res de bois, rouler dans de mauvais chemins de terre aux multiples orni\u00e8res, faire une belle pile de bois bien rang\u00e9 le long de la route. Un arr\u00eat casse cro\u00fbte \u00e0 midi, le cul sur une souche dans le silence des chants d\u2019oiseaux. Une vie simple et monotone sans cesse recommenc\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Le soir venu, apr\u00e8s une dure journ\u00e9e de travail en for\u00eat, dans le froid et la boue, seul, \u00e0 ne parler qu\u2019\u00e0 son cheval, le plus souvent pour l\u2019engueuler, quoi de plus naturel, de plus humain que de s\u2019arr\u00eater au bistrot avant de regagner sa maison pour y manger la soupe avant de se coucher. Le cheval qui devait bien avoir lui aussi un nom et que j\u2019ai oubli\u00e9 savait que sur le chemin du retour on s\u2019arr\u00eatait chez la Maria Grand chaque soir en passant au bourg. Cadet vidait une chopine de rouge avec les copains, les anciens, ceux de la grande guerre, ceux<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>qui \u00e9taient revenus entiers de la grande boucherie l\u00e0-bas quelque part dans le nord. Quand je dis une chopine, c\u2019\u00e9tait sans doute plusieurs ou bien de nombreux petits canons de rouge dans ces petits verres ronds \u00e0 \u00e9pais fond de verre. Il avait toujours une grande soif, Cadet, le soir apr\u00e8s sa journ\u00e9e de travail. Il n\u2019\u00e9tait ni bien grand, ni bien gros, un petit bonhomme sans \u00e2ge habill\u00e9 d\u2019un pantalon gris fonc\u00e9 ou noir avec une veste de chasse en velours c\u00f4tel\u00e9 noir et surtout un bon gros nez rouge bourgeonnant bien au milieu de la figure sous ses petits yeux malicieux. La moustache d\u00e9j\u00e0 grisonnante trempait dans le vin et il l\u2019essuyait d\u2019un revers de manche. La casquette sans couleur bien d\u00e9finie, crasseuse, cir\u00e9e, orn\u00e9e d\u2019une aur\u00e9ole de sueur, \u00e9tait tellement viss\u00e9e sur sa t\u00eate qu\u2019on se demandait s\u2019il la quittait pour dormir. Il la soulevait de temps \u00e0 autre de la main droite pour se gratter la t\u00eate avec cette m\u00eame main. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Pendant nos jeux, le soir, apr\u00e8s la fin de la classe, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, nous avions, nous les gamins du bourg, remarqu\u00e9 le d\u00e9part de Cadet apr\u00e8s son arr\u00eat chez la Maria. Il sortait du bistrot par la petite porte de derri\u00e8re de son pas lourd et tra\u00eenant et s\u2019asseyait lourdement sur l\u2019avant de la carriole \u00e0 gauche, claquait deux fois la langue et disait la m\u00eame phrase rituelle\u00a0: \u00ab\u00a0Allez cocotte, on rentre \u00e0 la maison.\u00a0\u00bb Le cheval, c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre une jument apr\u00e8s tout, le nez contre le mur attendait son ma\u00eetre sans \u00eatre attach\u00e9. A ces diff\u00e9rents signaux, il savait qu\u2019il pouvait repartir et trouvait seul dans la nuit le chemin du retour. Lorsque cadet \u00e9tait encore au caf\u00e9, nous nous approchions discr\u00e8tement \u00e0 deux ou trois de la carriole. Notre faible poids conjugu\u00e9 nous permettait de secouer le brancard comme lorsque Cadet s\u2019y asseyait, l\u2019un de nous claquait la langue, deux fois, un autre disait avec une voix grave et l\u2019accent bourbonnais\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Allez Cocotte, on rentre \u00e0 la maison\u00a0!\u00a0\u00bb, ce que faisait le cheval, docilement. Et quand Cadet sortait, il n\u2019y avait plus ni cheval ni charrette. Il jurait et traitait ce pauvre cheval de tous les noms, d\u2019un nombre incalculable d\u2019injures que je ne peux reproduire ici. Et il ne lui restait plus qu\u2019\u00e0 rentrer chez lui \u00e0 pied, aux Brunets.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>La supercherie n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9vent\u00e9e imm\u00e9diatement car au village on soup\u00e7onnait plut\u00f4t un groupe de jeunes plus \u00e2g\u00e9s que nous et tr\u00e8s turbulents. Il n\u2019y avait pas beaucoup de distractions et ce genre de blagues plus comiques que m\u00e9chantes \u00e9taient courantes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Un autre souvenir de Cadet. Un jour, apr\u00e8s la guerre, il part livrer sa charrette de bois de chauffage \u00e0 Moulins. Avant l\u2019aube, il charge ses st\u00e8res dans le bois des Fougis. Au pas de son cheval, il lui faut bien toute une grande journ\u00e9e pour effectuer l\u2019aller retour, plus de cinquante kilom\u00e8tres. Donc bien avant l\u2019aube le voil\u00e0 parti pour Moulins par la route de Chapeau. Arriv\u00e9 \u00e0 Moulins qui n\u2019est qu\u2019une petite pr\u00e9fecture de province et une petite ville, il livre son bois dans un h\u00f4tel restaurant qu\u2019il conna\u00eet pour y \u00eatre d\u00e9j\u00e0 all\u00e9 plusieurs fois. Et comme d\u2019habitude, le d\u00e9chargement termin\u00e9 on lui offre le repas au restaurant avant qu\u2019il ne prenne le chemin du retour. En entr\u00e9e, la jeune serveuse en tablier blanc lui sert quelque chose qu\u2019il ne conna\u00eet pas, qu\u2019il n\u2019a jamais vu et donc jamais mang\u00e9, dont il ne sait m\u00eame pas le nom\u00a0: un artichaut\u00a0! Il le regarde, tourne l\u2019assiette, observe autour de lui les autres convives\u00a0: personne n\u2019a cette chose dans son assiette. Il trempe son doigt dans le bol de sauce\u00a0: il conna\u00eet, de la vinaigrette, de la sauce pour la salade. Il faut donc manger cet \u2026 artichaut\u2026 mais comment\u00a0? Enfin, il le faut bien puisqu\u2019il est invit\u00e9, qu\u2019on le lui a apport\u00e9, il ne va pas d\u00e9cevoir ces gens si gentils. Et voil\u00e0 notre Cadet qui mange l\u2019artichaut de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re feuille \u2026 et le foin avec. La jeune serveuse s\u2019en aper\u00e7oit et s\u2019en va, pouffant, avertir le personnel des cuisines et les patrons qui viennent les uns apr\u00e8s les autres derri\u00e8re la porte vitr\u00e9e voir le ph\u00e9nom\u00e8ne capable de manger tout un artichaut, sans en laisser une feuille, ni le foin\u00a0!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>N\u2019y tenant plus, le patron vient dans la salle du restaurant prendre des nouvelles de son livreur de bois.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt 18pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 18.0pt;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;\"><span style=\"mso-list: Ignore;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211;<\/span><span style=\"font: 7pt &quot;Times New Roman&quot;;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-size: small; font-family: Garamond;\">\u00ab\u00a0Alors, Monsieur Leduc, comment \u00e7a va\u00a0? (il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 Thionne qu\u2019on l\u2019appelle Cadet). Vous avez l\u2019air d\u2019avoir aim\u00e9 l\u2019artichaut\u00a0!\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt 18pt; text-indent: -18pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 18.0pt;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;\"><span style=\"mso-list: Ignore;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211;<\/span><span style=\"font: 7pt &quot;Times New Roman&quot;;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-size: small; font-family: Garamond;\">\u00ab\u00a0C\u2019est pas mauvais votre art \u2013 ti \u2013 chaut, mais vous pourriez bien payer une chopine parce que \u00e7a a du mal \u00e0 descendre. J\u2019ai aussi soif que mon cheval quand il a mang\u00e9 son foin et son picotin d\u2019avoine.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">Et de rire tous les deux.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">&#8211;<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>\u00ab\u00a0 Si vous ne connaissiez pas, Monsieur Leduc, il fallait nous demander. On vous aurait montr\u00e9 ce qu\u2019on mange et ce qu\u2019on laisse\u00a0!\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small; color: #000000; font-family: Garamond;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond;\"><span style=\"mso-tab-count: 1;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>C\u2019\u00e9tait l\u2019histoire de Cadet et de l\u2019artichaut au restaurant \u00e0 Moulins. Il a souvent racont\u00e9 cette histoire, bien qu\u2019elle ne soit pas \u00e0 son avantage. \u00ab\u00a0Quand m\u00eame, ils en mangent de dr\u00f4les de choses, \u00e0 Moulins\u00a0!\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00a0 Cadet. \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 A la fin de la guerre et pendant toute mon enfance, le village de Thionne comptait environ 700 habitants. Dans ce petit bourg agricole de l\u2019Allier, l\u2019essentiel de la population \u00e9tait compos\u00e9e d\u2019agriculteurs dans des fermes isol\u00e9es, d\u2019ouvriers agricoles, de quelques commer\u00e7ants et artisans au bourg, des ch\u00e2telains dans &#8230; <a title=\"Cadet\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/2012\/01\/24\/cadet\/\" aria-label=\"En savoir plus sur Cadet\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-11","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":71,"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11\/revisions\/71"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cherasse.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}